lundi 20 juillet 2009

Pourquoi Tarnac ?

Aux journalistes du Monde qui lui demandaient le 26 mai pourquoi s’être installé à Tarnac, Julien Coupat, le présumé saboteur-terroriste le plus médiatisé de cette dernière année répondait : «Allez-y, vous comprendrez. Si vous ne comprenez pas, nul ne pourra vous l’expliquer, je le crains. »

Depuis l’affaire des sabotages SNCF de l’automne dernier et les rocambolesques péripéties politico-judiciaires qui l’ont suivie, le feu des projecteurs n’a cessé d’irradier ce territoire du plateau de Millevaches que personne ne connaissait et que l’on dit maintenant être le repère des terroristes de la « mouvance anarcho-autonome d’ultragauche » et même de l’organisation séparatiste basque ETA. Ce petit bout de terre paisible et historiquement en déprise agricole s’est vu auréolé d’une gloire bien peu méritée. Un nouveau maquis dans l’hexagone.
Et pourtant…Connaissez-vous le plateau de Millevaches ? « Allez-y vous comprendrez. » Julien Coupat écrit aussi : « Détrompez-vous, ce qui nous arrive à mes camarades et à moi vous arrive aussi bien. » Alors j’ai décidé d’y aller. Parce que l’on parle beaucoup, trop certainement, de l’acharnement policier, mais trop peu de ce plateau qui bouillonne d’initiatives. Julien Coupat, peut-être, joue le fin stratège. Manipulé, il manipule, distille ses opinions. Mais les questions des journalistes ne portent que sur la critique de l’ordre établi et la définition du terrorisme. La place offerte à la révolte est trop belle, l’éditeur de l’ « Insurrection qui vient », dont Coupat pourrait être l’auteur, doit s’en frotter les mains. Par-delà l’instrumentalisation réciproque et les jeux de pouvoir, je voudrais vous faire partager ma découverte de ces nouveaux modèles qui s’expérimentent là où on ne les attendait pas, quelque part entre Limoges et Ussel…Comme j’ai pris goût aux « couvertures », je prends mes quartiers dans un petit quotidien régional à Limoges, l’Echo. Un vrai journal à l’ancienne, pas de site internet, des journalistes flegmatiques qui se saluent d’une bise sonore le matin. Vous n’y lirez donc pas ma prose en flux RSS. Peu importe.
Le plateau regorge de « néos », ces habitants venus d’ailleurs tenter l’impossible au milieu de forêts de résineux dépeuplées. La tendance est ouvertement contestataire et gauchiste, tous connaissent Coupat, quelques-uns le soutiennent, rare sont ceux qui ont pris part à plus d’une manifestation. Des gens sans histoire en somme. Quelques communautés inoffensives, des terroristes ( ?), mais surtout des idées. Je veux vous parler d’un entreprenariat différent, de l’économie solidaire et sociale qui se développe ici.
Il faut croire que je ne suis pas la seule, puisque le Parc Naturel Régional de Millevaches en Limousin vient de lancer un appel à projets pour financer les activités économiques qui favorisent les enjeux et intérêts sociaux, l’innovation et l’environnement en privilégiant les principes de coopération…De quoi attirer de nouveaux alternatifs.

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