mardi 3 mars 2009

Blast, entre stupeur et indifférence

Presque 22h, la chaleur lourde de l’après-midi s’attarde aux terrasses bondées. Attablés devant quelques bières, nous observons le rythme immuable des déambulations birmanes. Des trishaws évitent les passants, des voix d’hommes qui s’haranguent couvrent le ronronnement de la circulation encore dense dans la ruelle. L’explosion emplit l’espace, résonne longuement sur les parois défraîchies de la ville. Stupeur.

Nous nous levons d’un bond. Se pourrait n’être « qu’ » une explosion de bus de plus. Ceux-ci roulent au gaz et les accidents malheureusement ponctuent le paysage urbain. Nous contournons le jardin public qui jouxte le restaurant dans lequel nous finissions notre repas. Beaucoup de passants se sont attroupés le long des grilles, à chaque tournant je me prépare à découvrir une scène violente de souffrance et de sang. Une fumée claire se profile dans le ciel. Nous sommes dans le centre commerçant de Yangon, où la plupart des connexions de bus se réalisent et le trafic, même à cette heure et après l explosion, reste chargé. Rien, tout autour du parc. L explosion provenait de l’intérieur. L’attroupement est important, des birmans palabrent, la mine passablement inquiète. J’ose leur demander en anglais se qui se passe. « Bomb ». Je suis sceptique. Un autre se veut rassurant. Un simple problème d’installation électrique défectueuse, ce qui en soit me paraît tout aussi crédible.

Trente minutes se passent, beaucoup vaquent à leurs occupations, finissent leur thé. Indifférence. Je suis ceux qui s’approchent. Aux abords du parc, la présence militaire s’est très rapidement intensifiée, Chaque parcelle de terre est soumise à une inspection rigoureuse, photos à l’appui. Dans la ruelle qui longe le parc maintenant clos, un véhicule dont les vitres ont explosé rassemble toutes les attentions. Véhicule piégé ou puissance de la déflagration? Je sens beaucoup d’uniformes autour de moi, l’un d’eux se penche « What U doing here? ». Son téléphone sonne, je m’éclipse. Après avoir contourné le parc, je découvre que l’autre accès à la ruelle est gardé par des militaires lourdement armés. Leurs membres frêles et dégingandés leur donnent des airs de pantomimes, d’adolescents simulant un jeu guerrier dans des costumes trop larges. Les plus hauts gradés défilent, allure vive et petit canotier vert vissé sur le crâne. Je ne remarque pas de blessés. Des curieux s’amoncellent. Les habitants du quartier s’amassent aux balcons. Une explosion à Yangon ne peut être anodine. Les échoppes ferment, bien plus tôt que de normal. Tous vont probablement se terrer, du moins dans le quartier.
Retour au point de départ. Cette fois-ci l’accès que j’avais emprunté est également bouclé par une horde de militaires. Surtout ne pas traîner ici. Demain nous apportera des réponses.

2 commentaires:

  1. on attend de savoir la suite .... prudence malgré tout

    j.

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  2. Alors finalement cette explosion c'était quoi ?

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